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3ème édition des Rencontres Annuelles d'Ethnographie (RAE)

Journée(s) d'étude - Jeudi 24 novembre 2016 - 09:003ème édition des Rencontres Annuelles d'Ethnographie (RAE).Organisées autour de 13 ateliers thématiques réunissant des doctorant.e.s et des chercheur.e.s de différentes disciplines en sciences sociales pour échanger sur la pratique de l'ethnographie, les RAE seront également le lieu de deux conférences plénières animées par Ann Mische (professeure de sociologie à l’Université Notre Dame, Etats Unis), et Véronique Bénéï (directrice de recherches CNRS, LAIOS-IIAC).Le programme complet des deux journées est disponible sur le carnet des rencontres. L'équipe de communication peut aussi être contactée via la page facebook des rencontres ou à l'adresse mail suivante : rae2016ehess@gmail.com.L’événement est ouvert à tout-te-s, sans frais d’inscription.

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Le discours à l’intersection des pratiques sociales et des pratiques langagières : remarques sur l’Amérique latine

Journée(s) d'étude - Mardi 18 octobre 2016 - 14:00Le discours bénéficie d'une existence paradoxale : constitutif de l'espace social, il est à l’origine des rapports de pouvoir et d’opinion dans une société ; en même temps, le discours est constitué par l'espace social à travers des pratiques quotidiennes qui rendent possible la circulation du discours et qui le mettent « en scène ». Pour cette raison, le discours se trouve à l'intersection entre la langue et la société. En ce qui concerne spécifiquement l'analyse du discours (AD), ce champ disciplinaire, issu de la convergence de différents courants de recherche (linguistiques, sociologiques, philosophiques, anthropologiques et historiques), participe à un processus de « mondialisation des connaissances théoriques », dans lequel des « traditions théoriques précédemment séparées donnent naissance à des cultures scientifiques hybrides » (Angermuller, 2013: 72). Ces traditions théoriques représentent les bases de l’analyse du discours, champ disciplinaire en expansion continue aujourd'hui. En ce sens, ces journées d'études entendent mettre en évidence le fait que la compréhension efficace du phénomène linguistico-discursif passe par un examen attentif des pratiques sociales, en général, et des pratiques langagières, en particulier.L'objectif est de comprendre, dans quelle mesure, le discours dès son émergence historique, s’articule aux enjeux sociaux et aux événements, et également dans quelle mesure les pratiques sociales représentent et diffusent les discours qui sont à leur origine, en renforçant ainsi l'existence paradoxale du discours. Comment les discours participent-ils aux rapports de pouvoir et d'opinion dans l'espace social ? Nous tenterons de répondre à cette question en prenant comme exemples quelques cas en Amérique latine. Quel est le rôle de l'histoire et de la mémoire dans la constitution des discours contemporains qui circulent, dans cette partie du monde, notamment concernant la construction des discours politiques, des mouvements sociaux et également des pratiques racistes ? Les travaux qui seront présentés par des chercheurs de différents pays latino-américains ayant en partage l’analyse du discours comme thème de réflexion aborderont différentes approches théoriques et méthodologiques.InterventionsUne histoire officielle de l'oubli versus une mémoire de l'histoire officielle, Morgan Donot ( Présidente de l’Association ADAL, Docteure associée au CREDA CNRS - UMR 7227 Paris 3 – Sorbonne Nouvelle)Le mouvement noir au Brésil et la genèse de la formule « conscience noire », Helio Oliveira (EHESS / UNICAMP-Fapesp)La linguistique au/du Brésil : une lecture discursive, Marco Antonio Almeida Ruiz (EHESS /UFSCAR- FAPESP)Les stratégies de circulation et événement de petites phrases en politique : le cas de « Return, Lula », Tamires Bonani (Sorbonne Nouvelle/UFSCAR- FAPESP)Construction du sujet politique « femme » pendant la campagne politique brésilienne : la femme politique, Livia Pires (LABOR / UFSCAR - FAPESP)

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Internationalisaton de la recherche scientifique

Débat - Mardi 18 octobre 2016 - 14:00La Revue française de sociologie, les Presses de Sciences Po, le Centre d’Etude des Mouvements Sociaux et le Groupe Sciences et Technologies de l’Institut Marcel Mauss (UMR CNRS-EHESS) sont heureux de vous convier à assister à une table ronde qui se déroulera le 18 octobre 2016, de 14h à 16h, à l’EHESS, 190 avenue de France à Paris (salles 640-641 au 6e étage), à l’occasion de la parution du dernier numéro de la Revue française de sociologie consacré à l’internationalisaton de la recherche scientifique, coordonné par Michel Dubois, Yves Gingras et Claude Rosental.Cette table ronde sera animée par Claude Rosental et réunira plusieurs contributeurs (Thibaud Boncourt, Michel Grossetti, Pierre-Benoît Joly, Morgan Jouvenet, Vincent Simoulin), ainsi que Louis-André Vallet (directeur de la Revue française de sociologie). Elle sera suivie d’un pot amical.Entrée libre.Informations complémentaires : guillaume.braunstein@ehess.fr 

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Frontières

Journée(s) d'étude - Vendredi 03 juin 2016 - 09:00Quand la demande d’abolition des frontières se fait pressante, qu’elle vienne des pouvoirs économiques ou de la société civile, que de multiples frontières et murs se recréent dans toutes les régions du monde, que des guerres sont à la fois localisées et déterritorialisées, il paraît nécessaire de revenir aux origines, lorsque le concept n’existait pas encore, aux raisons d’être qui ont été avancées pour les constituer, aux fonctions qui leur sont dévolues. Nous le ferons en examinant d’emblée le sens de la revendication contemporaine de leur abolition. Munis de ce bagage, nous cheminerons, depuis la pluralité des concepts utilisés par les historiens grecs jusqu’au sillon de Romulus, fondateur pour la mythologie juridique. Le mot frontière s’imposa lentement pour acquérir son sens actuel, et sa représentation – un trait sur une carte qui crée dans le même temps, des espaces séparés et des zones d’échanges. En droit constitutionnel, ce trait délimite un territoire, où vit un peuple, éventuellement avec des minorités ou/et des peuples autochtones, peuple sur lequel s’exerce, ou cherche à s’exercer, un pouvoir souverain. De l’autre côté du trait s’exerce un autre pouvoir souverain. Il y a donc un rapport spécifique entre le trait abstrait, sa matérialisation par des postes-frontières, check-points, murailles, la surface à l’intérieur du trait et l’institutionnalisation de formes de pouvoir et de gouvernement impliquant une administration, une justice, une fiscalité, un drapeau, une ou des monnaies, etc. Ces traits peuvent être contestés – ce sont les conflits frontaliers, chauds ou froids, qui se règlent par la force ou par le droit –, déplacés – que ce soit par la force ou par accord entre les parties, renforcés par des murs, coordonnés avec d’autres lorsque se forme une entité régionale comme l’Union européenne. Sans ce rapport entre le trait, la surface, le peuple et un pouvoir de jurisdictio, une politique consentie est-elle possible ?Journées organisées par le CENJ.

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Émotions

Journée(s) d'étude - Mardi 24 mai 2016 - 08:30Les émotions occupent une place de plus en plus importante dans les sciences humaines et sociales contemporaines. Pour ce qui est de la sociologie, cette évolution n’est pas sans lien avec la généralisation du recours à l’enquête ethnographique et aux entretiens, qui placent souvent, sinon toujours, le sociologue face aux émotions des enquêtés, et face aux siennes. Des moments d’épreuves semblables à ceux que la société française a vécu avec les attentats de janvier et de novembre 2015 confèrent aussi à cette question des émotions une urgence particulière.Programme8h30 - Accueil caféSession 1 – Comment enquêter sur les émotions ?9h-12h30 - Introduction de la journée par Martin Aranguren (CNRS, URMIS-Paris ; affilié au CEMS-IMM)« Propagande et violence : parcours émotionnel d’un message insurrectionnel », Angelo Montoni (chercheur associé CEMS-IMM)« Ces événements qui nous affectent », Laurence Kaufmann & Philippe Gonzalez (Université de Lausanne; affiliés au CEMS-IMM) « Comprendre l’“éthique florale” : les enjeux du travail bien fait », Isabelle Zinn (doctorante au CEMS-IMM et à l’Université de Lausanne) « Émotions et opinion face au terrorisme :
 écrire au médiateur de l’information de France 2 après les attentats de 2015 », Claire Sécail (Paris 13) et Pierre Lefébure (Paris 13) « Nature et formes de l’émotion collective », Louis Quéré (CNRS, CEMS) Discussion : Marion Ink (doctorante contractuelle au CEMS-IMM) et Gérome Truc, (ATER à l’ENS Cachan et chercheur associé au CEMS-IMM et à l’ISP)12h30-14h - DéjeunerSession 2 – Les émotions collectives : études de cas14h-18h - « L’étude des peurs dans une favela carioca : Retour sur les méthodes d’enquête », Joana Sisternas Tusell (Doctorante CEMS-IMM, LeMetro.IFCS-UFRJ) « Émotions collectives et virtualité du collectif », Pierre Livet (Aix Marseille Université) « La honte collective : trois analyses de sa dépendance au contexte », Stéphane Lemaire (Université de Rennes 1) « Exprimer ses émotions face à la violence des expulsions de bidonvilles : l’expérience des familles roms et des acteurs associatifs », Céline Véniat (Doctorante CEMS-IMM) « Émotions… contre-mobilisation ! Comment les entrepreneurs de cause mobilisent leurs adversaires ? », Christophe Traïni (IEP d’Aix-en-Provence) Discussion : Paola Diaz (chercheure associée au CEMS-IMM et l’ISP) et Martin Aranguren (CNRS, URMIS-Paris ; affilié au CEMS-IMM)17h30 - Conclusion Gérome Truc, (ATER à l’ENS Cachan et chercheur associé au CEMS-IMM et à l’ISP)18h - Clôture de la journéeJournée organisée par Martin Aranguren, Paola Diaz, Marion Ink et Gérôme Truc.

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Réseau du monde carcéral

Rencontre - Mardi 24 mai 2016 - 09:00Des doctorants et post-doctorants de tout horizon présenteront leurs travaux qui seront discutés par des chercheurs, des professionnels et des militants associatifs du monde carcéral. Journée sous la présidence de Marc Bessin (IRIS/EHESS).IntervenantsLucie Alidières-Dumonceaud,  post-doctorante, Université Paul-Valéry Montpellier – « Le numérique sans Internet ? ! En prison ! ? »Joséphine Bastard, doctorante, CRIS/Université de Liège, Belgique – « Le rôle des directeurs de prison dans le fonctionnement de l’application des peines en Belgique : l’ambiguïté du droit dans les murs »Nadia Biskri, doctorante, Université Paris 1 – « Transposer la prison pénale en situation coloniale : le cas de l’Algérie, de la conquête au tournant du siècle »Thibault Ducloux, doctorant TEPSIS, CMH/EHESS – « Les illusions carcérales : une divine comédie »Corentin Durand, doctorant, CMH-PRO/IMM-LIER/EHESS – « De l’interpellation du surveillant à la plainte au Président : comprendre les transformations de la prison à partir des doléances des personnes détenues »Ouisa Kies, doctorante, CADIS/EHESS – « Comprendre et prévenir les processus de la radicalisation religieuse : retour d’expérience de la recherche-action nationale prison »Camille Lancelevée, doctorante, IRIS/EHESS –  « Une prison hospitalière ? Présences psy en milieu carcéral »Romain Tiquet, docteur, Humboldt Universität Berlin – « Réactions multiformes de refus du carcéral colonial : le cas des camps pénaux au Sénégal (1936-1960) »Invité d'honneurBernard Bolze, fondateur de l’Observatoire International des Prisons (OIP), co-fondateur de Prison Insider, ancien membre du Contrôle Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL), présentera son projet international « Prison insider » et évoquera les passerelles et les collaborations possibles avec les jeunes chercheurs du Réseau. Buffet à l'issue des interventions. Inscription obligatoire.

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Revue « Sociologie du travail ». Numéro thématique « Animaux au travail »

Appel à communication - Lundi 05 septembre 2016 - 10:00Les contributeurs sont invités dans un premier temps à soumettre une intention d’article de 6000 à 8000 signes incluant les espaces (trois à quatre pages), présentant clairement comment l’approche croisée est construite et dans quelle interrogation elle s’inscrit, les matériaux utilisés et les méthodes de recueil de ces matériaux. Ces intentions sont à envoyer par courriel, sous la forme d’un fichier « .doc », exclusivement à la rédaction de la revue, le 5 septembre 2016 au plus tard [socio.dutravail@sciencepo.fr]. Les auteurs dont les projets auront été retenus devront ensuite envoyer leur article complet (de 75 000 signes maximum) le 20 février 2017 au plus tard.DescriptionCe numéro thématique s’intéressera à la place des animaux au sein d’activités humaines productives et rétribuées. Dans quelle mesure peut-on dire qu’ils travaillent, et que sait-on de ce « travail » ?Pour une partie des sociologues du travail, le concept de travail relève d’une action volontaire et réfléchie. En ce sens, les esclaves, comme les animaux ou les machines, parce qu’ils ne sont pas libres de vendre ou de troquer leur force de travail, encore moins de se soustraire à la volonté de leur maître, ne sauraient à proprement parler « travailler ». Georges Friedmann et Pierre Naville (1962) précisent qu’il importe de ne pas utiliser le terme « travail » pour « désigner des opérations déshumanisées » (p. 17) et animales : le travail, fût-il aliéné, engage la subjectivité et une forme de libre arbitre qui ne concerne que des collectifs humains. Partant de cette définition qui exclut la possibilité que des non-humains puissent travailler, ces deux sociologues n’en sont toutefois pas moins soucieux d’ancrer l’accomplissement du travail dans un milieu naturel qui n’est pas seulement un environnement passif. Dans le prolongement de Marx qui fait du travail un acte de transformation et de maîtrise de la nature, ils définissent le travail comme un ensemble d’actions en interaction avec « la matière » qui à son tour réagit sur l’homme et le modifie (p. 12). Cette interaction réciproque n’implique toutefois pas de symétrie : les éléments dits « naturels » sont toujours déjà remodelés par le travail, sinon le regard humain. Et cet état anthropique, loin de se stabiliser, s’accentue : le travail, avec le déclin des sociétés paysannes et l’industrialisation (y compris dans le domaine agricole), s’accomplit dans un milieu de plus en plus technique et artificialisé. Ainsi, les animaux de trait sont-ils remplacés par des tracteurs, des voitures ou des tanks, les chiens de berger par des clôtures. Et l’exploitation des productions animales s’est intensifiée au point de transformer ces êtres vivants en quasi-machines, intubées et standardisées. Les espèces animales — avec lesquelles l’humanité a toujours dû composer pour son autosubsistance — semblent avoir quitté la scène du travail à un point tel que les études manquent sur la spécificité que constitue l’usage — ou le non-usage — de la force et de l’intelligence d’êtres vivants, dotés d’une puissance automotrice et autoreproductive.Dans quelle mesure l’association avec l’animal permet-elle d’interroger la notion de travail ? Le travail est-il une action définitoire de l’humanité ? Ou peut-il constituer un rapport social non exclusivement humain ? Si le travail est défini comme un rapport social extrinsèque au travailleur (voir par exemple Rolle, 1971, pp. 75-76), il permet de qualifier toute activité productive qui prend place dans une organisation de travail. Il devient alors possible de détacher le travailleur de la notion de personne et de dire « de la machine qu’elle travaille aussi », voire même d’envisager « une production sans intervention humaine », à la manière des cyborgs (Haraway, 2009). Humains et non-humains sont alors considérés comme un collectif hybride, conjointement mis au travail. Une telle conception met de côté l’idéal d’émancipation contenu dans l’accomplissement du travail pour ne retenir que le rapport social qui conduit à produire un bien ou un service avec valeur d’usage et d’échange, et ce, quelle que soit l’identité combinée des travailleurs, moyennant une contrepartie en argent ou en nature (qui peut consister uniquement en l’entretien de la force de travail).Loin d’être abstraites, les discussions théoriques sur les frontières entre travail libre et aliéné, humain ou non humain, renvoient à des catégorisations ordinaires. Pour les professionnels qui collaborent avec les animaux, que ce soit pour transporter des personnes ou des marchandises, sauver des personnes disparues, accompagner des personnes en situation de vulnérabilité, intervenir dans des dispositifs de défense et de sécurité publique, réaliser des performances scéniques (au cirque, au cinéma ou au zoo) et sportives, il est entendu que les bêtes ont acquis des compétences, qu’elles sont qualifiées, qu’elles connaissent leur métier, en d’autres termes, qu’elles « travaillent ». Certains même vont jusqu’à brouiller les frontières inter-espèces : ces êtres vivants sont pour eux des partenaires à part entière, doués d’une expertise, d’une volonté consentante et d’une subjectivité, dignes d’être écoutés et respectés dans leurs besoins, émotions et désirs propres. Le travail reprend alors son sens premier d’activité non servile, socialement distincte de temps considérés comme du non-travail. A contrario, pour certains défenseurs de la cause animale, l’usage des animaux (comme outil ou comme ressource) entre dans un rapport d’exploitation et le mot « travail » est pris dans son sens étymologique de torture, tant des bêtes que des travailleurs qui sont directement chargés de les rendre productives.Ce numéro thématique interrogera la place des animaux au travail à la fois d’un point de vue historique, anthropologique, économique, juridique et sociologique, à partir notamment de la singularité de ces participants au travail : les animaux ne sont ni des machines, ni des humains. À quel titre et selon quelles modalités participent-ils au travail humain ?Une première série de propositions pourra s’intéresser aux controverses concernant le statut animal et le concept de travail en interrogeant les limites entre une version anthropocentrée du travail et la reconnaissance d’une mutuelle vulnérabilité et dignité. Des articles sociohistoriques pourront retracer l’évolution du droit et du traitement animal au travail, rendre compte des débats éthiques, économiques, scientifiques et écologiques afférents, s’intéresser à quelques affaires emblématiques ou encore proposer une compréhension des acteurs qui s’y engagent dans le contexte actuel de montée en politique de la question des droits des animaux et d’évolution de la législation relative au statut juridique des animaux. Comment le statut des animaux est-il diversement défini sur un plan réglementaire, varie-t-il en fonction des secteurs professionnels et des espèces animales et évolue-t-il sous le poids notamment des controverses ? Comment intègre-t-il des éléments propres au travail humain ? Dans quelle mesure l’objectivation et/ou une subjectivation des animaux sont-elles convoquées ? Sachant que l’un des principaux critères de définition du travail dans une société salariale capitaliste est la valeur marchande de la force de travail et du produit de ce travail, on pourra encore s’interroger sur les modalités de rétribution économique du travail animal et les instruments de mesure de leur performance économique. La rétribution est-elle un critère de différenciation avec le travail humain ?Une deuxième série de propositions pourra porter sur le travail « avec » des animaux, considérés comme des collaborateurs (doués de force et de sagacité), en partant du processus de sélection, de dressage des animaux, de qualification, de certification puis d’intégration dans une division du travail entre humains et non humains en étudiant les règlements intérieurs concernant le travail prescrit et le travail réel, les marges de manœuvre animales, sans oublier les possibilités de « carrière » dont ils disposent. Si les enquêtes témoignent d’une socialisation et d’une coopération réciproque entre êtres humains et animaux, à quel moment émergent des situations de rivalité, de conflits et de hiérarchie d’intérêts ? Quels sont, dans chaque monde professionnel, les ressorts de l’amélioration des conditions de travail pour les non-humains ? Quelles sont les conditions de l’attachement et du détachement ? Il s’agira de lier ces prises de position à une certaine conception du travail et du statut animal.Une troisième série mettra en évidence la relation de travail particulière qu’implique le prélèvement d’une partie ou de la totalité des productions animales (lait, œufs, fourrure, laine, miel…) jusqu’à, dans certains cas, l’extinction même de la ressource (comme la transformation de la bête en viande ou en cobaye). En quels termes ce rapport d’exploitation est-il évoqué par les professionnels ? Quelles sont les justifications que se donnent les professionnels sur les performances économiques des animaux, leur « bon » au « mauvais » traitement ? Quand le travail animal rentre dans le système productif, la question de l’évaluation du rendement se pose. Avec quel régime argumentaire et suivant quels dispositifs techniques s’opère la rationalisation d’une production qui, aussi normalisée et robotisée soit-elle, ne peut s’abstraire de la nécessité de composer avec des êtres vivants ?Pour les articles issus d’enquêtes de terrain, il importera de décrire précisément le type de collaboration professionnelle établie, le niveau de coopération, d’exploitation et/ou d’autonomie, le type de rétribution et les formes de reconnaissance proposée, les procédures de domination entre humains et non-humains, comme les procédures de symétrisation. Il s’agira de ne pas considérer ces mondes professionnels comme homogènes et d’introduire des distinctions selon le secteur d’activité et le type de tâche exercée. Les articles pourront également s’interroger sur les implications méthodologiques d’une enquête empirique portant sur un collectif de travail incluant des êtres vivants non-humains : qui parle au nom de qui ? Comment ethnographier le comportement animal ?Dans un premier temps (voir ci-dessus les modalités de soumission), les propositions d’articles présenteront le sujet abordé et leur positionnement dans la littérature, l’enquête empirique envisagée, les matériaux et les résultats attendus.RéférencesFriedmann, G., 1950. Où va le travail humain ? Gallimard, Paris.Friedmann, G., Naville, P. (Eds), 1962. Traité de sociologie du travail, t. 1. Armand Colin, Paris.Haraway, D., 2009. Des singes, des cyborgs et des femmes. La réinvention de la nature. Jacqueline Chambon, Paris.Rolle, P., 1971. Introduction à la sociologie du travail. Larousse, Paris.

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De la démocratie-régime à la démocratie-société

Colloque - Jeudi 27 avril 2017 - 08:45Colloque organisé par le Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA), le Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS-IMM) et la mention Études politiques (EHESS). Organisateurs : Manuel Cervera-Marzal et Roberto Frega. ProgrammeJeudi 27 (...)(...)

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La construction sociale du lait. Du lait de femme au lait de vache

Journée(s) d'étude - Mercredi 10 mai 2017 - 08:30 Cette journée d’étude a pour but de faire se confronter les perspectives développées par différentes sciences humaines et sociales sur le lait afin d’appréhender les relations réciproques du politique et du social qui se développent autour de cet (...)(...)

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Finance as a response to global environmental crises? Critical analysis of the ‘economicization’ of carbon emissions and biodiversity

Appel à communication - Lundi 22 mai 2017 - 20:00A conference hosted by theCentre for Globalisation and Governance, Universität Hamburg, GermanyDates: 29 Nov-1 Dec 2017Conveners: Eve Chiapello (EHESS Paris) and Anita Engels (Universität Hamburg)Submission deadline for paper proposals: 22 May 201 (...)(...)

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Centre d'études des normes juridiques – Institut Marcel Mauss

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