Jeudi 29 Mars 2012 : « Le bien commun, les biens communs »
Journée d'études organisée par l'Institut Marcel Mauss et par le Centre d’Etude des Normes Juridiques « Yan Thomas » Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales 105 Boulevard Raspail – 75006 Amphithéâtre « François-Furet » Programme : 9h30/12h30 : Présidence : Antonio Negri Introduction générale : Marie-Angèle Hermitte (CNRS, EHESS) Distinguer le bien commun des choses communes et des biens communs Michele Spanò (Université de Turin) : Instituer les biens communs. Une perspective philosophico-politique André Orléan (CNRS, EHESS) : Monnaie et souveraineté à l’épreuve de la crise financière 14h/17h : Présidence : Laurent Mayali (University of Berkeley) Maria Rosaria Marella (Université Pérouse) : Stratégies juridiques de résistance à la dépossession des « commons » Sarah Vanuxem (Université Paris I) : Un « commun » en matière de propriété intellectuelle ? La tentative PIPRA (Public Intellectual Property Resource for Agriculture) Programme de la journéePrésentation du centre
L’objet de ce centre est de fédérer à l’école un certain nombre d’activités d’enseignement et recherche sur les rapports entre droit et sciences sociales. Il s’agit d’affirmer la capacité de notre établissement à élargir aux problèmes de la normativité juridique le champ des questions qu’il a vocation à définir. D’abord, en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles, en France particulièrement, les sciences humaines ont quelque difficulté à intégrer dans leurs analyses la logique propre aux institutions, c’est-à-dire à rendre compte de l’arbitraire et de l’artificialité de l’institué comme tel. Ensuite, en étudiant sur la longue durée les modalités selon lesquelles le droit tend à se constituer en système autonome par rapport à l’ensemble des autres champs du savoir: par rapport notamment à la religion, à l’éthique, et aux sciences de la société. Quels sont les voies, les techniques et surtout les effets de cette autonomisation croissante? Pour poser utilement de telles questions, le centre conçoit ses enseignements ou ses séminaires en étroite liaison avec les spécialistes d’autres disciplines, lorsqu’elles ont un intérêt particulier pour le droit. Pour autant, il n’est pas un lieu de recherche interdisciplinaire. Il a au contraire pour projet de définir le plus précisément possible les opérations disciplinaires qui opèrent dans le processus d’autonomisation du droit.Vient de paraître : Yan Thomas, Les opérations du droit, Paris, Editions de l'EHESS, 2011
Yan Thomas, historien du droit romain, fut le juriste le plus sensible à ce qu’il appelait les « opérations du droit », ces techniques inventées afin de mettre en rapport les personnes et les choses pour retrouver l’architecture du monde social. Ces opérations qu’il avait dégagées de l’analyse d’une grande diversité de sources, textuelles comme matérielles, sont au sens propre du terme des outils qui s’émancipent des événements qui les ont suscités et n’ont, à ce titre, rien perdu de leur actualité : à l’inverse de la temporalité des règles de droit, le temps des opérations est un temps long. Penseur aussi prolifique qu’inclassable, Yan Thomas privilégiait la concision et la densité de l’article : ce recueil présente certains de ces textes majeurs, écrits entre 1986 et 2006. L’ouvrage est d’abord consacré au fait d’instituer : la cité et la nature, l’une et l’autre instituées par le droit, mettent en lumière la capacité à réinventer le réel par des artifices. Yan Thomas montre comment le droit sépare la sphère des activités vouées à l’échange, au commerce, de celle où certains espaces et certains biens sont inaliénables. Ensuite, par la mise en scène de cas limites et d’exceptions, il parvient à dégager les règles de l’ordinaire et à ordonner les réponses et les fictions juridiques qui régissent les sociétés. Yan Thomas élabore ainsi un projet intellectuel où le droit est conçu comme un instrument pour penser autre chose que le droit. Yan Thomas, décédé en 2008, est considéré comme le plus grand historien français du droit romain. Il était directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.Sous presse
Avec le colloque « Aux origines des cultures juridiques européennes : Yan Thomas entre droit et sciences sociales » le CENJ rend hommage à Yan Thomas, son fondateur, un an et demi après sa disparition.Le colloque a eu lieu le 25, 26 et 27 mars 2010 à l’Amphithéâtre François Furet de l’EHESS (105, Bd Raspail). Pour connaître toute l’information sur le programme, veuillez consulter la rubrique : Enseignements / Colloque Yan Thomas
Master théorie et analyse du droit
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Dernière mise à jour : 22 mars 2012

